Comment choisir sa détection de gaz ?
Il existe une grande variété d’équipements de détection de gaz. Chaque appareil possède des fonctionnalités, des caractéristiques et des avantages propres à chacun.
C’est pourquoi, il faut au préalable bien définir son ou ses besoins pour trouver le détecteur de gaz qui convient.
On vous explique tout ici !
À noter : Les détecteurs de gaz ne font pas partie des EPI de Classe III.
Ils alertent les opérateurs d’un risque potentiellement mortel. Le choix d’un détecteur de gaz n’est donc pas à prendre à la légère.
Évaluer les risques gaz
La première étape est de connaître et de définir les risques. Toute société a pour obligation de procéder à une évaluation des risques pour identifier les dangers potentiels. Parmi eux, il y a les risques liés aux gaz.
Un gaz est un essaim de molécules qui se déplace aléatoirement et chaotiquement en rentrant en collision les unes avec les autres et avec ce qui les entoure. L’exemple le plus évident est l’air qui nous entoure, qui est constitué de différentes molécules de gaz. Les gaz sont donc omniprésents et présentent de nombreux dangers. Ils sont classés en 3 catégories de risques :
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Le risque d’incendie et/ou d’explosion tel que la présence de gaz inflammables (Méthane, butane, propane ...)
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Le risque d’empoisonnement/Intoxication tel qu’une fuite d’un ou plusieurs gaz toxique (Monoxyde de carbone, hydrogène sulfuré, dioxyde de carbone, chlore...)
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Le risque d’anoxie /Hypéroxie tel qu’une déficience ou une trop forte concentration d’oxygène (L’oxygène peut être consommé ou déplacé par un autre gaz).



Si l’un de ces dangers est identifié alors la détection de gaz constitue un moyen de réduction de ces risques.
Identifier l’objectif principal
La seconde étape de l’acquisition d’un équipement de détection de gaz est l’identification de l’objectif. Une fois celui-ci défini, il vous permettra de vous orienter vers la meilleure solution. Il existe diverses motivations telles que :
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Obtenir des rapports de gestion pour un responsable de site (notifications par alarmes distantes ou hors site, données d’un évènement, ...)
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Être conforme à la réglementation pour le côté légal
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Respecter les conditions particulières imposées par les assureurs
Quel que soit l’objectif principal, il ne faut pas oublier qu’une solution de détection de gaz est là pour protéger la vie humaine. La motivation - qu’elle soit légale, pour les assureurs ou les responsables de site - permet de définir le type de détection de gaz fixe ou portable ainsi que les fonctionnalités et caractéristiques pour répondre à l’objectif.
Se poser les bonnes questions
Les interrogations à vous poser ? Les voici :
Quels sont les gaz à détecter et leur origine ?
Quels sont les lieux et les conditions environnementales d’utilisation du système de détection ?
Quel niveau de simplicité d’utilisation souhaité pour les opérateurs et le personnel dédié à l’entretien de routine ?
Les réponses à celles-ci ont un impact direct sur la solution proposée, sur les coûts associés et la maintenance de l’équipement.
Identifier les gaz à détecter et l’origine de leur émission potentielle
Une solution de détection de gaz adaptée doit déceler la présence d’un gaz particulier et déclencher une alarme avant que des niveaux dangereux de concentration ne soient atteints.
Rappelons que l’identification de tous les potentiels dangers relève de la responsabilité de l’utilisateur final et c’est l’évaluation des risques qui permet d’identifier les gaz à détecter.
Voici les étapes :
ÉTAPE 1
Identifier le type de risque auquel on est confronté (inflammable, toxique et/ou asphyxiant) permet de déterminer le type de capteurs à utiliser.
ÉTAPE 2
Déterminer les niveaux relatifs de concentration qui peuvent s’avérer dangereux permet de définir les seuils d’alarmes, la position du capteur dans le cas de détection de gaz fixe, ...
ÉTAPE 3
Identifier les sources potentielles de fuites de gaz permet de déterminer le nombre et l’emplacement des capteurs requis pour un système fixe de détection de gaz. Par contre, si les sources de fuites ne sont pas connues, on privilégie le port d’appareil portable de détection de gaz.
Parmi les sources communes d’émission de gaz figurent :
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Les émissions naturelles telles que le méthane et le sulfure d’hydrogène provenant de la décomposition des déchets
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Les fuites d’une canalisation d’alimentation ou d’un réservoir de stockage comme les canalisations de gaz naturel
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Les émissions issues d’un processus de combustion comme le monoxyde de carbone des échappements ou de la conduite d’évacuation d’une chaudière
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Les émissions issues d’un processus de combustion comme les solvants dans l’industrie de l’impression et des revêtements
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Les émissions d’une usine de production comme l’ammoniac d’une usine de réfrigération ou l’azote d’une usine de production d’azote
Tenir compte des conditions environnementales
Les détecteurs de gaz sont équipés de capteurs qui sont sensibles aux conditions environnementales. Il peut y avoir des répercussions sur ses performances, sa précision et sa fiabilité. La température, le taux d’humidité et les niveaux de pression constatés sur le site ont donc une influence directe sur le type d’équipement à choisir.
D’autres facteurs tels que des variations potentielles résultant d’un processus même de production, de fluctuations diurnes et nocturnes ou d’une variabilité saisonnière peuvent également influer sur le type d’équipement qui sera approprié.
ÉTAPE 1
Déterminer si l’équipement sera utilisé à l’intérieur ou l’extérieur :
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En extérieur, le détecteur sera exposé au vent, la pluie ou les brouillards salins. Il faut qu’il puisse être résistant aux effets corrosifs d’un tel environnement.
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En intérieur, des boitiers moins robustes suffisent mais il faut définir les expositions à l’eau (jets d’eau pour les lavages) ou aux poussières (saleté).
ÉTAPE 2
Définir s’il existe des conditions environnementales autres que les conditions climatiques susceptibles d’influer sur le choix d’un type d’équipement.
Par exemple :
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Le sulfure d’hydrogène possède des propriétés corrosives ou d’autres composés atmosphériques pouvant avoir un effet néfaste sur la fiabilité de certaines technologies de détection.
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Les substances à base de silicone qui ont des propriétés inhibitrices sur les technologies de détection à filament catalytique.
ÉTAPE 3
Définir le niveau de sécurité nécessaire pour ces équipements dans certaines zones dangereuses. Suivant la zone, il faut prendre un appareil dont la certification ATEX est adaptée (Zone O : Ex 1G …, Zone 1 : Ex 2G, Zone 2 : Ex 3G…, etc ....)
Définir les fonctionnalités des produits
Il est indispensable d’adopter une approche globale lors de l’examen des fonctionnalités d’un équipement. Il existe des variations importantes entre les produits et plus les fonctionnalités sont nombreuses, plus le coût s’en ressent.
Voici quelques exemples qui offrent à l’utilisateur des avantages supplémentaires et font qu’un produit est mieux adapté qu’un autre :
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l’affichage des unités de mesures locales
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la présence d’une interface utilisateur locale
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la compatibilité logicielle
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le nombre de relais et de sorties requis
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les possibilités de connexion de capteurs distants
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les fonctions intégrées de diagnostics
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le remplacement à chaud des cartouches
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les capacités de consignation d’évènements
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Privilégier la simplicité d’utilisation et la maintenance
Simplicité d’utilisation :
L’enjeu est important car il ne suffit pas de s’équiper d’appareils de détection de gaz pour répondre à une législation, une norme ou pour être conforme aux demandes des assureurs. Le but est de protéger les opérateurs : un détecteur de gaz simple à manipuler sera plus facilement utilisé par les opérateurs.
Simplicité au niveau de la maintenance :
Les temps d’arrêt des équipements de détection peuvent provoquer une chute de production. C’est pourquoi il est nécessaire de choisir des solutions permettant un remplacement rapide, simple et sûr des capteurs.
Le choix de la technologie de détection de gaz est un autre facteur important, car cela influe sur la maintenance, par exemple avec le cas d’une cellule pour mesurer le risque d’explosivité :
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Filaments catalytiques : ils n’assurent pas un fonctionnement avec sécurité contre les états de défaillance et exigent des taches de maintenance très fréquentes
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Infrarouge : permet de diminuer le nombre de maintenances de routine, mais à un coût plus élevé à l’achat.